21/09/2006

Sommaire du n° 1873, 22 septembre 2006

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Posted by Service Documentation on septembre 21, 2006 at 12:24 PM dans 1873, SOMMAIRES | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

Echo des Forums : Salaires : l¹informatique à la traîne

Logomunci_57Selon les enquêtes des cabinets d'analyses, les salaires dans l'nformatique repartent à la hausse depuis deux ans. Certes. Mais il faut rappeler qu'il ne s'agit que d'un rattrapage après les très fortes baisses des années 2002-2004. Sur cette période, nous estimons la baisse moyenne des salaires d'embauche des informaticiens à 15 %. Par ailleurs, les salaires indiqués sur les grilles sont généra-lement supérieurs de 10 à 20 % aux salaires réels déclarés par les informaticiens eux-mêmes (*). La dix-septième enquête « rémunération » du Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France (CNISF) la plus sérieuse du genre ­, fait apparaître que les salaires 2005 des ingénieurs informaticiens sont plutôt à la traîne. Sur les 27 secteurs économiques analysés, c'est celui des SSII qui enregistre les rémunérations les plus basses du marché, juste devant l¹agriculture, avec un salaire médian de 44 000 euros. Le discours des dirigeants de SSII selon lequel la pression exercée sur les prix les contraint à contenir les salaires ne peut pas tout expliquer. Au niveau de la branche Syntec, seuls deux syndicats sur cinq ont signé le dernier accord sur les minima salariaux à cause de la faible hausse proposée et de la difficulté habituelle à positionner chaque salarié dans la grille de classification. Des minima salariaux plus élevés pourraient avoir un effet bénéfique sur toutes les rémunérations si l'individualisation des rémunérations ­de plus en plus contestée ­revenait à la normale. La rémunération variable est, en outre, souvent marquée d'inégalités selon les profils et d'injustice en raison des aléas des projets. La réduction des coûts passant d'abord par celle de la masse salariale ­ corollaire du jeunisme du secteur­, l'avenir paraît bouché sur le plan des rémunérations.
Forums du Munci
(*)
Voir Salaires des informaticiens

Posted by Service Documentation on septembre 21, 2006 at 12:22 PM dans 1873, PERSO | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

Technologia : Les six clés de la réussite

Cette enquête du dossier spécial Technologia du 22 septembre 2006 (page 76) analyse les facteurs de succès des 100 sociétés présentées dans notre rubrique « En fiche/Start up » depuis novembre 2003 :

Société

Titre de l’article

Numéro

Date de parution

Active Circle

Avec Active Circle, l'archivage fait cellules commune pour s’éclater sur le réseau local

1758

27/02/04

Active3D-Lab

Active3D-Lab réunit les acteurs du bâtiment autour d'une maquette numérique 3D

1750

19/12/03

Adamentium

Adamentium propose une solution de filtrage entièrement dynamique

1824

26/08/05

Adaptime

Le progiciel intégré d’Adaptime s’adapte aux entreprises

1848

24/02/06

Agendize

Agendize : l’information passe du web au mobile en un seul clic

1845

03/02/06

Agreentech

Agreentech gère la traçabilité alimentaire via internet

1752

16/01/04

Airmedis

Airmedis prescrit l’accès à internet sans fil aux hôpitaux

1820

24/06/05

Anevia

Anevia développe les serveurs vidéo pour les réseaux ADSL

1828

23/09/05

Apsylis

Le progiciel d’activité de service d’Apsylis vise les PME

1817

03/06/05

Arkadin

Arkadin aide les décideurs à piloter des conférences via le web

1796

07/01/05

Armadillo

Armadillo accélère l'accès aux documents multimédias volumineux

1772

04/06/04

Artenum

Artenum fédère les projets de l’industrie spatiale

1862

2/06/06

AXSMarine

AXSMarine organise le marché du fret maritime en ligne

1805

11/03/05

Bayesia

Les outils de prévision de Bayesia s’affinent au fil des hypothèses émises

1822

08/07/05

Calame

Calame traque les pertes d’information

1839

09/12/05

Callbooster

Callbooster milite contre la délocalisation des centres d’appel

1840

16/12/05

Cecurity.Com

Cecurity.Com fournit un coffre-fort logiciel

1813

06/05/05

Cefa Aviation

Cefa Aviation simule les incidents aériens pour la sécurité

1847

17/02/06

Checkphone

Checkphone veille sur les communications téléphoniques

1827

16/09/05

Chinpass

Chinpass enseigne le chinois aux cadres via internet en 172 heures

1833

28/10/05

Cirpack

Les commutateurs téléphoniques publics de Cirpack répondent à des architectures ouvertes

1779

27/08/04

Cleode

Cleode met la puissance informatqiue au service des automates industriels

1814

13/05/05

Codetic Services

Codetic Services offre une seconde chance aux produits de R&D délaissés

1850

10/03/06

Coelis

Coelis, le moteur qui compare les prix en temps réel

1844

27/01/06

Coralog

Coralog, une croissance qui passe par l’édition de logiciels réseaux

1826

09/09/05

Cosoluce

Cosoluce diffuse l’usage de la messagerie électronique et d'internet auprès des collectivités territoriales

1762

26/03/04

Deveryware

La localisation géographique intégrée aux applications métier

1857

28/04/06

Dictao

Authentification forte pour le passeport électronique de Dictao

1787

22/10/04

Dmailer

Dmailer stocke toute la messagerie dans une clé USB

1789

05/11/04

Doyousoft

Doyousoft, une plate-forme d’e-commerce entièrement en ASP

1841

06/01/06

DSD System

La maintenance de sites industriels assurée via le web

1853

31/03/06

Eloquant

La passerelle d’Eloquant transforme un serveur web en standard téléphonique

1754

30/01/04

Entropysoft

Entropysoft combat le chaos documentaire

1867

07/07/06

eSearchVision

eSearchVision prédit l’efficacité des mots-clés sur internet

1859

12/05/06

Exalead

Exalead : un seul moteur pour transformer une messagerie en base de connaissances

1744

7/11/03

Exaprobe

Exaprobe optimise la surveillance des réseaux

1774

18/06/04

Exosec

Exosec veille au grain en bloquant les flux inutiles

1842

13/01/06

Externis

Externis améliore la logistique des ventes promotionnelles

1870

01/09/06

Gatonero

Gatonero, une interface commune pour l'utilisateur et l'informaticien

1810

15/04/05

Geniop

Geniop mesure l’efficacité des installations industrielles

1837

25/11/05

Ginerativ

Ginerativ automatise la rédaction des actes juridiques

1803

25/02/05

Go Albert

Go Albert référence et agrège des contenus hétérogènes

1843

20/01/06

Graphane

Graphane produit des documents en toute liberté

1861

26/05/06

Humanperf Software

Humanperf transforme les boites à idées en processus structurés

1836

18/11/05

Ideo Technologies

Ideo Technologies industrialise un cadre logiciel pour accélérer les développements Java

1783

24/09/04

Intoan Technology

Intoan industrialise la gestion des postes clients

1812

29/04/05

Intuilab

Intuilab imagine des interfaces homme/machine intuitives

1800

04/02/05

Ipanto

Ipanto comble les failles de l’administration de réseaux IP

1798

21/01/05

Ipdiva

Ipdiva renforce la sécurité d'accès des systèmes d'information

1794

10/12/04

IST

IST lève les difficultés d’utilisation de Java dans l’industrie

1830

07/10/05

Itelios

Itelios élabore des services cartographiques pour les agriculteurs

1863

9/06/06

Jaluna

Jaluna faire tourner plusieurs systèmes d'exploitation sur une seule et même machine

1756

13/02/04

Keeno

La vidéosurveillance intelligente de Keeno renforce la sécurité

1855

14/04/06

Kereval

Une plate-forme générique pour le test logiciel signée Kereval

1792

26/11/04

Kerlink

Kerlink fait le lien avec les machines nomades

1825

02/09/05

Kotio

Kotio propose de sécuriser et de dater les e-mails sensibles de l'entreprise

1748

5/12/03

Leirios

Leirios automatise les tests fonctionnels

1811

22/04/05

Lexbox

Lexbox stocke et préserve les données légales

1804

04/03/05

Mailinblack

Contre le pourriel, Mailinblack propose des listes blanches

1790

12/11/04

Mailwatcher

Mailwatcher veille au respect des chartes d'usage des fonctions de messagerie

1785

08/10/04

Makkina News

Makkina News alerte l’entreprise avec une veille presse multimédia

1816

27/05/05

Meilleurmobile

Meilleurmobile.com, un comparateur de prix pas comme les autres

1851

17/03/06

Mobiluck

Mobiluck se fait messager téléphonique via Bluetooth

1852

24/03/06

Mystream

Mystream propose des VPN à moindre coût via des liens DSL

1854

07/04/06

Neotic

Neotic trace les produits agricoles

1849

03/03/06

Neotip

Neotip, l’ange gardien des réseaux de téléphonie sur IP

1791

19/11/04

Netcentrex

Netcentrex surfe sur la vague de la téléphonie sur IP

1776

02/07/04

Niji

Niji aide les opérateurs et les entreprises à entrer dans l'ère de la communication enrichie

1764

09/04/04

Novagrid

Novagrid loue aux ingénieurs télécoms des modules de calcul créés par des laboratoires scientifiques

1760

12/03/04

Olfeo

L’originalité d’Olfeo : filtrer les sites web français

1832

21/10/05

Open Wide

Open Wide donne de la liberté à l’informatique industrielle

1801

11/02/05

Opencube

Opencube, à l'avant-garde de la haute définition

1806

18/03/05

Penbase

Penbase glisse les applications métier dans la poche des itinérants

1809

08/04/05

Prim'X Technologies

Prim'X Technologies contrôle les zones de confiance de l'entreprise

1802

18/02/05

Prylos

Prylos transforme les téléphones mobiles en terminaux professionnels

1871

08/09/06

Qos Design

Qos Design, un couturier haut de gamme pour les réseaux voix-données

1866

30/06/06

Qosmos

Qosmos démasque les applications qui transitent sur le réseau

1858

05/05/06

RVR Systems

RVR Systems : de la contrainte réglementaire à l’efficacité opérationnelle

1865

23/06/06

Seanodes

Seanodes fusionne cluster d'applications et de stockage

1799

28/01/05

Securactive

Le gendarme Securactive surveille les flux du réseau

1829

30/09/05

Seemage

Seemage démocratise la 3D et brise le monopole du bureau d’étude

1856

21/04/06

Setrafi

Centralpay, la plate-forme de Setrafi, consolide les transactions bancaires en ligne

1781

10/09/04

Simstream

Simstream automatise la gestion des alertes

1808

01/04/05

Skyrecon

Skyrecon prône l’autodéfense du poste client

1818

10/06/05

Smartcom

Smartcom connecte les téléphones mobiles au réseau cellulaire

1846

10/02/06

Sollan

Sollan apporte une couche métier aux documents non srtucturés

1838

02/12/05

Sowedoo

Sowedoo agrège des documents issus de formats hétérogènes en un seul fichier

1766

23/04/04

Spidcom

Spidcom se branche sur le courant porteur en ligne et en multiplie le débit par quinze

1770

21/05/04

Stelae Technologies

Stelae Technologies s’appuie sur XML pour automatiser la conversion de données

1807

25/03/05

Survision

Survision automatise le traitement d’images de vidéosurveillance

1835

11/11/05

Talend

Talend installe l’open source dans le monde de l’intégration

1869

25/08/06

Telisma

Telisma pilote messageries et portails avec la voix

1793

03/12/04

Temis

Temis crée des portails d’information pour la veille économique

1821

01/07/05

Tinubu Square

Tinubu Square automatise l'analyse décisionnelle du risque financier

1797

14/01/05

Training Orchestra

Training Orchestra facilite la mise en application, dans les entreprises, du droit individuel à la formation

1768

07/05/04

Ucopia

Ucopia dote les réseaux Wi-FI d’outils de sécurité et d’administration

1819

17/06/05

Veepee

Veepee facilite les échanges numériques dans le secteur de la presse

1795

17/12/04

Virage

Virage simplifie le pilotage des projets

1815

20/05/05

Wanao

Pour raccourcir les délais et faciliter les formalités, Wanao automatise la réponse aux appels d'offres

1746

21/11/03

Xsarnet

Xsarnet invente le robot logiciel au service des utilisateurs

1831

14/10/05

Posted by Boris Perzinsky on septembre 21, 2006 at 10:43 AM dans 1873, TECHNO | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

20/09/2006

ROLAND MORENO: "Mais où nous mène l'obsession biométrique ambiante?"

Rolandmoreno_carteidendite

Techniques encore expérimentales, standards industriels inexistants...
Roland Moreno démontre dans cet article pourquoi le projet de passeport biométrique n'est pas technologiquement viable aujourd'hui.

INTRODUCTION
L'enseignement du 11 septembre est qu'il est désormais très insuffisant de traquer les voyageurs supposés terroristes en fouillant leurs poches et leurs bagages (sans oublier les petits pots destinés à l'alimentation des éventuels bébés). Cet examen est désormais réservé aux terroristes présumés pyrotechniciens.
L'avion lui-même est donc devenu, le 11 septembre 2001, l'une des armes des terroristes : il faudra mettre à jour dictionnaires et encyclopédies. Et l'Histoire a d'ores et déjà retenu que les tours jumelles ont été détruites avec comme seule arme… de simples cutters.
D’où cette déduction naturelle : il faut désormais soupçonner 100% des passagers qui prennent place dans la cabine.
Or, chacun d'entre nous a déjà bien capté un nouveau mot, largement employé depuis maintenant cinq ans : biométrie.
De quoi s'agit-il ?

Avec le concours actif des médias, le gimmick anti-terroriste de Bush s'est trouvé un nom* de ralliement, et biométrie s'est immédiatement agrégé à notre vocabulaire : « dans cette histoire de passeport, il y aura de la biométrie », dit-on, exactement comme on dit tout naturellement : « l'hiver, je mets de l'antigel dans ma voiture. »
En gros, depuis 2001, les Etats-Unis ont pris l'initiative de construire un vaste réseau de terminaux (objectif premier : les aéroports) capables de manipuler, de détecter puis de garantir l'identité absolue des voyageurs. (On trouvera un peu plus loin dans cet article ce qu'il faut entendre par identité absolue.)
Et ils l'ont surtout beaucoup fait savoir.
Ce qui sera fait de cette information après enregistrement est une autre affaire, dont je préfère ne pas me mêler, - à chacun son métier. Le Monde estime à cet égard qu'il faut « redouter le risque de voir la base d'empreintes digitales prévue par INES s'élargir peu à peu et intégrer d'autres données. » (16.06.2005)
On se doute que dans un tel domaine, le rédacteur de ces lignes est un expert particulièrement qualifié : cette carte dont vous vous servez tous les jours pour payer et qui, avant d'effectuer quelque transaction que ce soit, exige qu'on s'identifie, - justement : il m'a fallu seize ans d'évangélisation, mais, à partir de 1990, les usagers français ont acquis l'habitude de « s'identifier » en tapant leur code confidentiel.
La carte était alors française, pas plus.
Puis il a fallu doter les téléphones portables d'une puce (la "carte SIM") pour assurer leur sécurité. (Il a aussi fallu des clefs pour sécuriser les décodeurs de télévision.)

Alors, la carte est devenue mondiale
Et la biométrie aussi sera mondiale (ou ne sera pas) : le terroriste pourra embarquer avec son cutter à Philadelphie, à Damas ou à Beyrouth, destination USA, Royaume-Uni, France, Italie, Allemagne, etc.
Un tel projet (apparemment sur les rails) est absolument colossal, ainsi qu'on le verra un peu plus dans l'article: creuser le canal de Suez, débarquer sur les plages de Normandie, envoyer des hommes sur la Lune ne sont que des péripéties au regard du recensement informatisé puis exploité de chaque être habitant de la planète.
Car, par nature même, c'est de la planète qu'il s'agit.

Le diktat des autorités américaines
De plus, les autorités américaines imposent leurs propres règles aux compagnies d'aviation françaises desservant les Etats-Unis. Elles exigent d'avoir accès aux informations sur les passagers, se réservant le droit de renvoyer l'avion à son point de départ. Une homonymie suspecte peut suffire. En 2003, les employés des compagnies françaises originaires de certains pays musulmans étaient priés par Washington de suivre un « circuit spécifique » à leur entrée sur le territoire.
Il y a un mois, quelques heures après l'alerte aux attentats déclenchée à Londres, l'interdiction de transporter tout liquide dans les bagages à main a été notifiée au gouvernement français, comme à l'ensemble des pays européens,
« par un simple fax qui contenait la liste complète des produits prohibés sur les vols en direction des Etats Unis », rappelle, encore surpris, Dominique Perben, ministre des transports.
Le Monde, 13/9/06
Dans tous les pays de la terre, nous  nous sommes habitués depuis cent ans à suivre les Américains qui tracent le chemin sur toutes les grandes orientations technologiques (**), particulièrement tout au long du dernier demi-siècle, avec les mêmes procédures de sécurité :
- informatique : mots de passe servant à l'identification
- ordinateur individuel : mots de passe servant à l'identification
- Internet : mots de passe servant à l'identification
- e-mail : mot de passe servant à l'identification
- téléphonie mobile : mot de passe servant à l'identification)
- télévision payante : mot de passe servant à l'identification)
- banque électronique, "DAB" : mots de passe servant à l'identification
- etc.
Beaucoup d'identifications, décidément, dans ce champ technique !
Alors je me suis mis au travail pour essayer de mettre les choses au point.
Sur ce sujet et souvent sur des sujets connexes, sans aucune modestie je dirai que mon opinion vaut quelque chose :
- en 1974, j'ai pensé que la carte à puce était un projet gagnant ;
- en 1980 ; j'ai estimé qu'il fallait d'abord en faire une carte téléphone ;
- en 1984, je me suis dit que tous les ordinateurs fonctionneraient tôt ou tard comme le Macintosh ;
- en 1986, j'ai pressenti que ma carte pourrait faire partie des futurs téléphones portatifs ;
- en 1989, j'ai proposé qu'on organise le paiement du stationnement par carte à puce.
On trouvera dans l'article certaines réponses à des questions que (peut-être) on se pose : il suffit que de débarquer à Kennedy Airport pour prendre la mesure du problème soulevé.
Attention ! Ce texte n'est pas technique, et ce n'est pas parce que les éléments en présence sont tous électroniques qu'il faut "s'y connaître" pour le comprendre.
En annexe, vous trouverez un tableau récapitulatif qui a l'air technicien, mais qui ne l'est pas non plus.
La "presse d'information générale" - comme on dit - n'est en général pas très fortiche sur les sujets techniques ou scientifiques. Encore moins sur l'informatique et surtout l'électronique.
Je crois qu'avec ce texte, il y a moyen de prendre une longueur d'avance sur la question (encore une fois : planétaire) de l'identification biométrique.
(*)  Non pas un nom mais un mot, un mot comme tous ceux qui chaque jour enrichissent notre vocabulaire et qu'il est résolument utile de maîtriser si l'on veut rester dans le coup : DJ, rave, RTT, podcast, fond d'écran, airbag, etc. etc.
(**)  Sauf la carte à puce !

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Où nous mène l'obsession biométrique ambiante

Avertissement : la biométrie étant associée par presque tout le monde à la carte à puce, on parlera dans ce papier de PORTEUR (de la carte), et non pas d'usager, de sujet ou de client.
Rappelons les techniques en présence

Groupe A
- reconnaissance faciale
- reconnaissance de l'iris (variante : rétine)
- empreinte digitale
- empreinte péridactyle (profil de la main grand ouverte)
- oreille (pavillon)
- veines du poignet
- voix

Groupe B
- signature/vitesse (paramètres dynamiques de la signature - vitesse et accélération du stylo -), rendant celle-ci invulnérable à la simple imitation.)
-  code PIN.
Les sept premières techniques ne révèlent que des données liées à ce qu'il faut bien appeler notre enveloppe charnelle : main, visage, cordes vocales, etc.
Les deux dernières font appel à la volonté - on pourrait aussi dire l'esprit - du porteur : ça se passe dans les circonvolutions de son cerveau, plus particulièrement de sa mémoire.

Une première façon d'aborder le problème : peut-on identifier un porteur victime d'une perte de conscience (évanoui, par exemple) ?
- OUI avec les six premières techniques du groupe A (sauf évidemment la voix)
- NON avec le groupe B.

On doit donc considérer les techniques du groupe A, en large majorité (6/7) comme indépendantes de l'état de conscience du porteur, a fortiori de sa volonté.
Au contraire, signature et code confidentiel exigent pour être pratiquées la conscience, et même la volonté du porteur.

Autre différenciation A/B, la tentative de revêtir une autre identité que la sienne :
- la volonté n'y peut rien : groupe A ;
- la volonté peut tout : groupe B.

Le gag de la reconnaissance faciale

La reconnaissance faciale suppose le terminal équipé d'une caméra pointée sur le visage du porteur).
Deux processus doivent être envisagés :
a) l'image captée par la caméra est comparée électroniquement à l'image de référence stockée dans le fichier central (ou, mieux, dans la carte) ;
b) le terminal est doté d'un écran graphique qui affiche le visage de référence, tel que stocké dans le fichier central (ou, mieux, dans la carte) : le caissier (ou le douanier) compare lui-même, visuellement, cette image avec le visage du porteur.
Autre trait susceptible de caractériser l'une ou l'autre de ces techniques : la transmissibilité de l'identité numérique (transmission à un complice, s'entend).

Avec le code PIN, la transmissibilité est certaine. Au contraire, ce risque est (ou semble être) nul avec la reconnaissance de l'iris, de la main, des doigts, des veines, de l'oreille ou de la signature.
Même observation pour la main (empreinte péridactyle) et pour le visage ("empreinte faciale"), à ceci près que l'empreinte faciale présente le risque majeur d'un malfaiteur grimé.
S'agissant des empreintes digitales, on entend souvent, même parmi les plus raisonnables des orateurs, des objections péremptoires quant au risque de fraude par amputation de l'index de la victime, et tout ce qui s'en suivrait.
Sérieusement parlant, il faut négliger un tel risque dans l'immense majorité des scénarios. Et sauf, bien sûr dans le cas de figure World Trade Center.
De façon générale, à l'exclusion du code PIN, les cinq premières techniques font appel à des processus de reconnaissance de forme (PR pour pattern recognition), domaine extrêmement délicat (et même hasardeux), à la fiabilité très incertaine. (Voir plus loin l’exemple de la locomotive).
Certes, la reconnaissance de signature est également un travail de reconnaissance de forme, qui sera d'ailleurs rendu encore plus difficile par l'analyse de la cinématique propre au porteur. La "signature dynamique" prendrait en compte la vitesse du tracé, dans ses différentes composantes, ainsi que l'accélération du moyen d'écriture (stylo, stylet, etc).

Reconnaissance sévère et reconnaissance molle

Globalement, pour les 8 procédés faisant appel à la reconnaissance de forme, les choix suivants s'offriront aux opérateurs du système :
- reconnaissance sévère : risque de refuser l'opération à un porteur de bonne foi ;
- reconnaissance molle : risque de valider un porteur malhonnête).
Dans une publicité Sony, on peut ainsi lire en toutes lettres cette phrase extraordinaire : « taux réglable d'acceptation d'erreur. »
Un aspect essentiel ne doit pas être négligé : celui qui caractérise la maturité fonctionnelle et industrielle de toutes ces techniques.
- groupe A : huit techniques très récentes, aucune d'entre elles n’a encore fait l'objet d'applications massives ;
- groupe B :
*  code PIN: environ quarante années d'âge et plusieurs milliards de transactions exécutées à ce jour ;
* signature : de toute éternité , pour ce qui concerne le geste du porteur ; mais tout à fait futuriste pour ce qui concerne le décodage dynamique ; aucune application connue par moi, à ce jour (septembre 2006)…

La problématique de la biométrie est par nature liée à son caractère massif : il s'agit de millions de voyageurs débarquant dans un aéroport, pour prendre l'exemple de ce qui, après le 11 septembre, justifie le recours à des techniques d'identification plus sévères que le simple support papier du passeport.

Identification : le mot est lâché

Et justement, l'identification a de tous temps été un souci, que ce soit dans un contexte militaire ou civil.
Une solution satisfaisante a été mise en oeuvre avec la carte, initialement à piste magnétique puis, plus récemment, avec la carte à puce.
Il ne s'agit pas, dans les applications actuelles de cette carte, d'identifier le porteur, mais plutôt de le valider : avant d'exploiter les précieuses données enregistrées dans la mémoire de la puce (données sans rapport avec un mécanisme d'identification), un mot de passe est testé. S'agissant d'un mot de quatre chiffres (10.000 codes possibles), il est clair que ce " code PIN " (ou code confidentiel) n'est pas propre au porteur, puisque des milliers d'autres porteurs utilisent le même.

En rien, donc, l'usage du code confidentiel ne peut être assimilé à un mécanisme d'identification. On pourrait parler, à propos du code confidentiel, d'identification relative. Une identification absolue aurait pour propriété d'identifier le porteur, et lui seul. Celui-ci serait identifié non pas par rapport à la carte, mais par rapport à l'ensemble de la population : new-yorkaise, française, terrestre, etc. Une identification absolue (dix milliards d'hommes) rendrait nécessaire un code PIN à dix chiffres, ce qui peut paraître extravagant.Pourtant, nos numéros de téléphone sont précisément à dix chiffres, et on n'entend personne se plaindre. À ce stade, le code PIN doit bien sûr être éliminé, du seul fait de sa transmissibilité.

Il en va de même pour l'empreinte faciale, en raison du risque de maquillage (postiches, colorants, etc.), que le travail de reconnaissance soit électronique ou bien délégué au servant du terminal (caissier, douanier, etc.).

Il faut se mettre dans la tête que la biométrie n'est pas une technique comme les autres : reposant sur des probabilités, elle est susceptible d'erreurs.

Dans l'ensemble, il est choquant d'entendre dire comme maintenant tous les jours : « la future carte d'identité sera biométrique », ou encore « le système pourra être sécurisé avec la biométrie », exactement comme on dirait :
- « aucun risque de cambriolage avec ce digicode » ;
- « aucun risque d'incendie d'origine électrique, on a mis des fusibles. »

Comme si la biométrie existait !

Mais justement, elle n'existe pas, la biométrie. Sur la planète cohabitent une demi-douzaine de principes, et peut-être une centaine d'applications en service.

Qu’est-ce qui est vraiment utilisé aujourd’hui et où?
- l'iris : nulle part ;
- la reconnaissance faciale (humaine ou électronique) : nulle part ;
- la reconnaissance dynamique de la signature : nulle part ;
- la reconnaissance des veines du poignet, nulle part ;
- la reconnaissance du pavillon de l'oreille : nulle part ;
- la reconnaissance des veines : nulle part ;
- la reconnaissance de la voix : nulle part ;
- quelques sites à contrôle d'accès par empreinte péridactyle ;
- quelques sites et quelques ordinateurs portables dotés d'une reconnaissance d'empreinte digitale…

Ont été volontairement omis dans cette liste les expérimentations et autres tests, qui par nature portent sur de petits échantillons, et par conséquent laissent de côté méfaire les grands nombres.
Rigoureusement incompatibles entre eux, ces procédés ne sont en rien interopérables. L'empreinte digitale française n'est d'aucune utilité à un système basé sur la reconnaissance de l'oeil. Ni de la main, ni des veines, ni de la signature.

Moreno_biometrie_locomotive_1 Exemple de la locomotive

La reconnaissance de forme est pierre angulaire de tous les systèmes biométriques. Un chercheur en informatique, Yves Kodratoff, travaille sur cette reconnaissance des formes. Voici comment il exemplifie ses recherches :
1/ Sur une tablette graphique, il dessine grossièrement une locomotive à vapeur, et apprend à l'ordinateur à reconnaître cette forme.
2/ (idem) un visage, que l'ordinateur doit aussi reconnaître.
3/ fusion des deux dessins.
À partir de cette étape, l'ordinateur doit déterminer s'il s'agit un visage, d'une locomotive, ou autre chose (mais quoi ?) :
- une locomotive taggée ?…
- un visage ornementé ?...
-  ?

On devine aisément l'immensité du problème : même un humain s'arrache les cheveux.
Bien sûr, le programme tourne sous le contrôle de très nombreux paramètres : l'un deux, crucial, détermine la sévérité de la fonction.
- Réglé à 9/10, par exemple, il donne la priorité au nombre de formes élémentaires dont le dessin est constitué : préférence pour la locomotive.
- Réglé à 2/10, résultat inverse.
Ceci, pour la différentiation entre deux formes très (vraiment très) distinctes l'une de l'autre.
Et voilà, le mot est lâché : la différentiation c'est le sens. Or, nous connaissons bien la maladresse de l'électronique à traiter le sens. Voir par exemple les consternantes performances des logiciels de traduction.
Or la biométrie va exiger la comparaison de formes extrêmement proches les unes des autres.

Deux empreintes digitales, par exemple.
Moreno_empreinte

Mais aussi veines des poignets, pavillon de l'oreille, empreinte de la main,  forme de l'iris.

Autre exemple d’abus : ci-dessous, la publicité d'un très grand industriel de l'électronique :
- « 100% de fiabilité et de sécurité » : un mensonge commercial comme tant d'autres ;
- « 1 000 paramètres » ;
- « Taux réglable d'acceptation d'erreur »…
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Le projet de « passeport biométrique » ne tient décidément pas la route sauf à ce que, comme d'habitude, les Etats-Unis imposent un standard. Destination privilégiée entre toutes, l'Amérique du Nord déterminera par son seul charisme les voies et moyens de l'identification moderne (lire l’encadré « Le diktat des autorités américaines »)

Depuis 1974 (invention de la carte à puce, première présentation à des banquiers), il aura fallu seize ans pour que les établissements bancaires français se mettent d'accord, en 1990, sur des spécifications communes et que tous les titulaires d'un compte de chèques puissent utiliser au quotidien le même objet industriel.

Qu'on me permette d'insister : ce ne furent pas seize ans d'hésitations. Enthousiastes dès le premier jour (22 février 1974), les banquiers ont immédiatement voulu :
- assurer l'interopérabilité des futures cartes, de banque à banque ;
- lancer un test en grandeur réelle de cet objet jusqu'alors inexistant, dans les mêmes conditions opératoires que la future carte interbancaire : ce fut la télécarte, lancée en 1983 et exploitée depuis lors, soit presque 25 ans. Imaginez ! Un semi-conducteur (une "puce") en circuit ouvert, dans les poches des gens tout seuls dans la rue sous la pluie et la neige, bref les pires conditions opératoires !

Pendant sept ans, à partir de 1983, la carte à puce confirmera la confiance qu'on peut lui faire. Ont été analysés sur des centaines de millions d'échantillons :
- l'usure mécanique ;
- le bon fonctionnement de la piste magnétique ;
- le bon fonctionnement de la puce ;
- l'intégrité de certaines données spécifiquement secrètes, dans la puce ;
- les tentatives de violation de la carte ET du terminal ;
- les difficultés ergonomiques ;
- toutes les maladresses des porteurs ;
- toutes les formes d'erreurs ;
(etc.)

Pourquoi en irait-il autrement trente ans plus tard, sur une question autrement épineuse : l'identification électronique de chaque être humain ? Et ce, alors qu'aucune expérience n'a été organisée par quiconque sur ce matériau si délicat à mettre entre les mains de tout le monde sur la planète.
« Le catalyseur pour les industriels de la biométrie a été le 11 septembre » estime un expert du cabinet Frost & Sullivan. Avant, ces industriels n'avaient pas de force d'attraction. Tous les ans ils disaient « C'est cette année que la biométrie va devenir un courant dominant ». Et chaque année, ça ne s'est pas produit. L'homme basique ne savait pas ce qu’était la biométrie. Maintenant on en parle à la télévision, dans les journaux : l'attaque a fait un formidable travail de relations publiques en faveur de l'industrie.

Pourtant, il reste de nombreuses interrogations:
1/ On ne sait pas quelle technique choisir, parmi neuf possibles.
2/ On ne sait pas comment de grandes quantités d'individus (de cas, de situations, etc.) intégreront cet instrument. Songez à la petite locomotive !
3/ À ce jour, il n'a été déterminé par personne si les clés seront stockées dans la carte ou bien  - plus probablement  - dans une base de données centrale.
4/ Sérieusement, on ne sait rien de l'arrière-plan industriel sur lequel il faudra compter :
- à l'échelle de la planète ;
- pour des centaines de millions d'individus ;
- pour des dizaines et des dizaines d'années.

Que recommanderais-je si le gouvernement américain me demandait mon avis ?

  • Sur la faisabilité et, incidemment, le respect de la vie privée (la fameuse privacy) : que les données d'identification soient formatées pour pouvoir être contenues dans les cartes.
  • Sur le principe d'identification : les paramètres dynamiques de la signature. Depuis plusieurs dizaines de siècles, on s'identifie en signant : follement prétentieux sont ceux qui trouvent le moment venu de changer un geste aussi important pour la vie en société, tout cela en faveur de procédés qui n'ont quasiment pas dépassé à ce jour (septembre 2006) le stade du laboratoire.
  • Sur l'échelle : mondiale, forcément mondiale.
  • Sur l'industrialisation : produire des milliards de cartes et des millions de terminaux suppose un important dispositif industriel, qui sera d'autant plus difficile à désigner que sont déjà appâtés des dizaines et même des centaines d'industriels.
  • Sur le calendrier : création d'une Agence, un à deux ans de brain-storming, un an d'expérimentation interne à l'Agence, deux ans d'expérimentation in vivo, un an d'amendements logiciels, tels que suscités par l'expérimentation.

Après quoi, il restera encore une ou deux années consacrées à régler le processus : je veux parler ici des paramètres de sévérité (le fameux « taux réglable d'acceptation des erreurs » de la publicité Sony), ces paramètres qui, finalement, constitueront le coeur de ce système biométrique qu'on invoque, à tort où à raison, comme outil de prévention du terrorisme.Soit huit à neuf années, en comptant deux ans pour la plupart des tâches ou un an pour certaines d'entre elles. Ce qui nous mène à 2015.

De cette échéance il se déduit au moins une chose : les annonces de lancement d'un « passeport biométrique » américain, qui fleurissent en cet année 2006, sont très,très largement prématurées. Qu'aura-t-il de « biométrique », ce passeport ? La photo ? L'administration américaine n'a pas, que l'on sache, tranché parmi les neuf principes du groupe A et du groupe B. Or, on ne peut sérieusement faire cohabiter plusieurs systèmes sur la carte du même porteur, sur les épaules du même porteur.Entendons-nous : il n'y a pas là une difficulté d'ordre électronique, informatique, bref technique. La carte à puce pourrait, si elle était correctement programmée, traiter les huit principaux modes de reconnaissance : elle l’espace mémoire et la puissance de calcul suffisant, chaque trimestre apportant son lot de progrès, sur chacun des deux critères.
C'est ce qu'on appelle le « back-office" qui ne suivrait pas. Bref, le logiciel.

Une solution multimodale ?

La « multimodalité » résoudrait-elle cette difficulté ? Plus coûteuse, elle associe plusieurs indicateurs biométriques afin, dit-on, de réduire les risques d'erreurs, ce qui la justifierait d'avance.
Puisqu'on mentionne souvent, à propos de biométrie, l'image de l'iris, imaginons pour l'exemple que ce soit le choix des Britanniques. Imaginons encore que l'empreinte de la main soit retenue par les Allemands. Et que les veines du poignet soit le choix espagnol. Quant aux Turcs, ils auront choisi le pavillon de l'oreille. Pour la Belgique, les empreintes digitales.
Pour la France, la signature dynamique. (etc.)…
On invoque en fait cette multimodalité pour dissimuler le problème d'interopérabilité, comme si le guichet électronique du douanier à Kennedy Airport pouvait facilement être équipé :
- du matériel propre à capter les empreintes digitales ;
- du matériel (une caméra) propre à saisir l'image de l'iris ;
- du matériel (une sorte de bracelet, on suppose) capable de capter les empreintes veineuses ;
- du matériel destiné à recevoir la main grand ouverte ;
- du matériel (presque certainement, ce sera une autre caméra) relevant l'empreinte faciale ;
- du matériel (microphone) captant le son de notre voix.

Et comme si, bien plus grave, le terminal universel dont il est question pouvait être piloté par un logiciel réunissant toutes ces fonctions. Avec, pour chacune d'entre elles, le fameux et indispensable « taux réglable d'acceptation d'erreurs »… Cette « multimodalité » est décidément un leurre !

Les identificateurs, réels ou attendus

Il faut pour en critiquer la liste considérer les deux angles suivants :
- le type des données d'identification : image de l'iris, cliché du visage, vitesse du stylo (dans le cas de la signature), données administratives, etc.
- le réceptacle des données de référence : la mémoire de la carte à puce, ou bien une base de données centrale.

« Une bonne police, c'est d'abord une bonne mémoire » a-t-on coutume de dire depuis Javert. Que les données soient dans la carte à puce ou dans une base de données centrale, elles sont mémorisées. Et pourront servir plus tard, estime la plus paranoïaque de nos rumeurs.
Sur la carte d'identité française, celle de l’avant-dernière génération): tout est clair, il n'est pas question de flicage, en tous cas personne n'en parle.
Sur la nouvelle carte d'identité française, dite « infalsifiable», presque tout est clair aussi, et en tous cas lisible par l'homme, porteur ou douanier.
Mais il y a un mais...

Rolandmoreno_carteidendite

- la dernière ligne (040475F001754ROLAND<<<<<<<<4506119M3) n'est visiblement pas à l'usage du porteur de cette carte, même si JE peux deviner MON année et MON mois de naissance (4506)
- au début de cette ligne, le 040475F001754, et, à la fin de cette même ligne, le 119M3 semblent bien destinés à un usage technicien, administratif ou autre (policier ?).
040475F001754  et 119M3 : au total, ces 18 caractères sont lisibles par l'homme, certes, sans être pour autant recevables par lui. Bref, c'est codé.

Cette «carte nationale d'identité française présente les deux traits qui caractériseront, dit-on, le passeport biométrique américain, tel que commandé fin août à Infineon [nouveau nom de Siemens] :
- lecture électronique des informations : les caractères sont conçus pour la lecture optique et spécialement dessinés pour l’OCR (Optical Character Recognition).
- photographie du visage.
Unanimement, cette carte est présentée (par les attachés de presse, qui mâchent le travail des médias) comme biométrique. La biométrie résidant, on suppose, dans la photographie du visage.
Certes, elle comporte des éléments liés à la personnalité physique de son porteur : son cou, son menton, sa bouche, son nez, ses yeux (?), ses oreilles, ses cheveux, ses lunettes, - et même la couleur de sa peau.
Mais l'incroyable facilité de sa mise en échec (moustache, barbe, cheveux courts ou longs,  lunettes, fond de teint, colorants etc. ) laisse terriblement sceptique quant à son efficacité attendue : un Ben Laden glabre, avec cheveux clairs et lunettes cerclées de noir massif, frauderait sans crainte les deux types d’interrogateurs attendus :douanier, gendarme ou commerçant ; logiciel de reconnaissance de forme intégré au terminal d'identification.
Les jugements que je me permets de porter ici sont peu ou prou validés par mon CV, et je sais donc bien que j'écris en tant qu'expert. Mais justement ! Il n'y a pas besoin d'être expert en quoi que ce soit pour démolir comme ci-dessus la carte d'identité à « photo biométrique ».

Bref, de même que le code PIN a été éliminé, il faut maintenant éliminer la reconnaissance faciale.

Que reste-t-il ?

Certaines pistes sont résolument trop immatures pour servir de socle à l'identification mondiale pendant au moins deux ou trois dizaines d'années : profil de la main, pavillon de l'oreille, veines du poignet.
Il reste alors les empreintes digitales, l’iris, la signature dynamique.
On peut sans parti pris ignorer l'iris :
- ergonomie délicate, sans doute peu opérable par certains porteurs ;
- problèmes posés par les lunettes (claires, sombres ou teintées), par les lentilles de contact, etc. Tout cela, pour tout dire, nous projetterait en pleine science-fiction.
Les techniques les plus proches de nos habitudes ancestrales (oui : ancestrales) restent la signature et les empreintes digitales. Ces dernières ont acquis au cours des dernières années une légitimité incontestable, mais le nombre minuscule de sites contrôlés par empreintes digitales ne peut suffire à qualifier cette technique de massive. Et, bien sûr, toutes les difficultés liées à la reconnaissance de formes (cf. plus haut) se poseront légitimement, y compris et surtout le fameux « taux réglable d'acceptation des erreurs » !
Reste, enfin, la signature : le plus ancestral de tous nos moyens d'identification.
Rien que sur ce critère, la priorité devrait lui être accordée, malgré deux inconvénients gravissimes (surtout le premier) :
- c’est la plus immature (industriellement, fonctionnellement) de toutes les techniques ;
- elle pose toute la problématique liée à la reconnaissance de formes.

On aura compris que je récuse toute approche PLANÉTAIRE d'un identifiant « biométrique » pour ces trois raisons :
- problèmes posés par la reconnaissance de formes,
- immaturité fonctionnelle,
- immaturité industrielle.

Pourquoi des majuscules à PLANÉTAIRE ?
- parce que le projet a été initié par les Etats-Unis ;
- parce que les Etats-Unis  sont la plus importante destination des voyageurs, de par le monde ;
- parce que l'Administration américaine veut depuis le 11 septembre 2001 donner l'impression qu'elle fait quelque chose de précis et concret contre le terrorisme.

Roland Moreno

Télécharger le tableau récapitulatif des techniques (fichier pdf)

Posted by Service Documentation on septembre 20, 2006 at 03:38 PM dans 1873 | Permalink | Commentaires (8) | TrackBack