18/01/2007
ECHO DES FORUMS : Mobilité et prestation de services
La semaine dernière, nous avons vu que la mobilité géographique s'étend au sein des SSII, suscitant de vives réticences chez les salariés. D'autant que les SSII requièrent de plus en plus souvent un changement de résidence, en dépit de la convention Syntec qui précise que ce dernier doit « correspondre à des besoins réels de l'entreprise ». Et même si « la mobilité ne doit pas être, pour eux, l'occasion d'une charge supplémentaire », certains collaborateurs font part de litiges dans le remboursement de leurs frais professionnels. Or, il est admis un peu trop communément par les syndicats de salariés eux-mêmes , que cette mobilité ferait obligatoirement partie de nos métiers. La même convention Syntec constate d'ailleurs « l'intérêt économique et social de la mobilité géographique des salariés ». Dans le cas de prestations réellement expertes ou très spécialisées, cette mobilité se conçoit, dans la mesure où le client ne peut disposer aisément de telles res-sources à proximité. Mais, dans des cas toujours plus nombreux, elle est surtout le résultat de l'évolution des relations et pratiques commerciales entre clients et prestataires de ser-vices. A l'opposé d'une vraie régionalisation de l'emploi IT, les politiques de référencement, notamment, induisent une « marchandisation » des ressources humaines qui, au fil des contrats, se voient déplacées tels des pions d'un endroit à un autre. Aucun contrat ne doit être perdu. Accompagné de déplacements ponctuels, le télétravail pourrait être une solution partielle. Mais pour le moment, nos entreprises rechignent, malgré son encadrement récent. Elles tiennent trop à surveiller leurs salariés. Rappelons, pourtant, qu'aucune SSII ne dispose des moyens d'accueillir plus de la moitié de ses collaborateurs au sein de ses bureaux. Ce qui les arrange bien.
Forum du Munci
Posted by Service Documentation on janvier 18, 2007 at 02:19 PM dans 1887, PERSO | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
15/01/2007
La technologie, une affaire de gestion
Dans notre chronique « Un autre regard » du N°1887 daté du 12 janvier, nous présentons l’ouvrage de Mark Lutchen, « gestion stratégique des systèmes d’information » publié dans sa version française par les Editions Pearson Education France / Village mondial. L’auteur, ancien DSI de Price Waterhouse Cooper, aujourd’hui leader du groupe « gestion des risques liés aux IT » du cabinet de consultants, défend l’idée que les dirigeants des services informatiques, en général issus de la branche technique, ne disposent pas de compétences assez solides pour diriger efficacement des organisations aussi complexes. Ils manquent de compétences en gestion, management, rigueur administrative et communication, la plupart d’entre eux n’ayant jamais appris « à mettre les risques économiques en balance avec les coûts ».
Posted by Andrée Muller on janvier 15, 2007 at 10:07 AM dans 1887, MANAGEMENT | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
11/01/2007
Ombre chinoise
Chronique parue dans Les Echos du 9 janvier 2006
[ 09/01/07 ]
L'empire du Milieu, une puissance low-tech Les performances commerciales de la Chine et son ascension rapide dans l'échelle des puissances économiques ont surpris et suscitent des craintes dans différentes parties du monde. Depuis 2000, l'accélération des exportations de la Chine s'explique non seulement par la croissance de ses parts de marché dans les produits intensifs en main-d'oeuvre, mais aussi par des performances extraordinaires sur des marchés de haute technologie. De plus, la Chine n'attire plus uniquement des usines de production, mais aussi des centres de R&D. Face à la déferlante chinoise, de nombreux pays craignent de perdre des emplois peu qualifiés, mais aussi certains emplois qualifiés. Les Etats-Unis s'interrogent sur l'émergence d'une puissance technologique qui menacerait leur leadership. L'Union européenne commence aussi à s'interroger. De même, la Corée, qui bénéficie largement des opportunités qu'offre le développement de la Chine, redoute la puissance de son grand voisin. Les appréhensions qui s'expriment à l'égard de l'émergence de la Chine résultent en partie d'erreurs de perception. C'est notamment le cas en ce qui concerne les capacités scientifiques et technologiques chinoises. Les exportations high-tech de la Chine impressionnent particulièrement. Certains économistes soulignent le paradoxe d'un pays qui dispose d'une énorme réserve de travailleurs faiblement rémunérés et qui devient le premier exportateur de produits des technologies de l'information et de la communication, devant les Etats-Unis (depuis 2004). La Chine serait une exception à la théorie du commerce international, capable de tout faire, des biens intensifs en travail aux biens intensifs en R&D. L'analyse des échanges industriels de la Chine permet de résoudre ce paradoxe. Ses exportations de haute technologie sont concentrées dans certains produits, tels que les ordinateurs, les télévisions ou les lecteurs de CD, qui sont assemblés à partir de composants importés dans des usines contrôlées par des entreprises étrangères (à plus de 90 % pour les ordinateurs). En conséquence, les importations high-tech ont progressé parallèlement aux exportations. La Chine est en fait spécialisée dans les produits de faible technologie et dans l'assemblage de certains produits de haute technologie. Autrement dit, elle est logiquement spécialisée dans les activités intensives en main-d'oeuvre, mais la mondialisation lui permet de s'intégrer à la chaîne de valeur de secteurs intensifs en R&D. La Chine impressionne aussi par sa volonté de contrôler les technologies utilisées sur son territoire et d'accroître sa capacité d'innovation. Sa capacité scientifique et technologique connaît un développement très rapide. L'OCDE a récemment annoncé que la Chine se classe désormais au deuxième rang mondial pour les dépenses de R&D, derrière les Etats-Unis (non pas en dollars, mais en utilisant un taux de change qui tient compte du faible niveau de vie en Chine). Certains pensent que la Chine a amorcé son décollage technologique et pourrait, comme l'a fait la Corée dans les années 1980, rejoindre en moins d'une décennie le club des pays dont la part des dépenses de R&D dans la production dépasse 2 % (soit la moyenne actuelle de l'UE). Le nombre de chercheurs et le nombre d'étudiants dans l'enseignement supérieur connaissent aussi des taux de croissance exponentiels. La Chine compte déjà plus d'étudiants que les Etats-Unis, et presque autant de chercheurs. Ces comparaisons doivent cependant être menées avec prudence. Tout d'abord, la taille de la Chine fait que tous les chiffres absolus la concernant sont impressionnants : la part des chercheurs ou des étudiants dans la population reste très faible. Il faut par ailleurs qualifier ce qui est mesuré. La Chine forme de très nombreux ingénieurs, mais si l'on considère ceux qui ont suivi un cursus comparable à celui d'étudiants américains, ou ceux que les entreprises multinationales sont prêtes à embaucher, les estimations sont beaucoup plus faibles. Pour les dépenses de R&D, il faut souligner que la part de la recherche fondamentale est très faible en Chine. Les comparaisons précises modifient aussi la perception des résultats de la recherche chinoise. Les publications scientifiques et les brevets de la Chine suivent l'accroissement de ses investissements en recherche. Sa part mondiale des publications et des brevets croît donc rapidement. Mais différents indicateurs bibliométriques comme les citations des publications, qui mesurent leur impact sur leur discipline, montrent que la contribution de la Chine aux connaissances mondiales reste très faible. Si le nombre de ses brevets de valeur internationale croît, il est comparable à celui de petits pays comme Taiwan ou Israël, et minuscule par rapport à celui des pays avancés. Différents indicateurs brossent donc une image contrastée des capacités scientifiques et technologiques de la Chine. D'après les indicateurs synthétiques, la Chine se classe un peu en dessous du Brésil et un peu au-dessus de l'Inde. Ces classements ont tous leurs défauts, mais l'image qu'ils renvoient des capacités d'innovation de la Chine paraît juste. La Chine entame son décollage technologique, construit des centres d'excellence et attire des centres de R&D étrangers, mais elle n'a pas encore développé les composantes qui fondent les systèmes d'innovation performants. Plutôt que de la dépeindre comme un nouveau géant technologique, il est sans doute plus utile de penser à la Chine comme une puissance émergente. Enfin, malgré certaines politiques aux accents mercantilistes, comme la promotion de normes chinoises dans les télécommunications, la Chine développe ses capacités technologiques en s'appuyant sur son intégration aux réseaux de l'économie mondiale. La Chine deviendra une puissance technologique, mais le scénario coopératif ne devrait pas être écarté. FRÉDÉRIQUE SACHWALD est responsable des études économiques à l'Ifri
[ 09/01/07 ]
Posted by Frédéric Simottel on janvier 11, 2007 at 04:08 PM dans 1887, ETUDES | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack
Sommaire du n° 1887 , 12 janvier 2007
Posted by Service Documentation on janvier 11, 2007 at 04:07 PM dans 1887, SOMMAIRES | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack
La mobilité, plan de carrière ou pratique commerciale ?
La question de la mobilité géographique est une préoccupation de plus en plus vive dans notre profession. A cela deux raisons. D’une part, le contexte professionnel et économique favorise la concentration de l’emploi informatique au sein des SSII, où les missions hors « périmètre local » sont de plus en plus nombreuses. D’autre part, les relocalisations de postes pour cause d’externalisation, de concentration et autres restructurations s’accélèrent.
Rejetée par un nombre croissant d’informaticiens, cette « prestarisation » s’accompagne d’une utilisation souvent détournée de la clause de mobilité. Celle-ci devient, entre les mains de certaines SSII, un moyen de pression pour susciter des démissions forcées ou encourager des licenciements abusifs. Plus généralement, elle est un instrument de management des RH. En toute logique, nos dirigeants, avec le soutien affiché des pouvoirs publics, promeuvent cette culture de la mobilité tout particulièrement dans la branche Syntec.
En ce qui concerne les premiers intéressés, à savoir les collaborateurs, les avis sont assez partagés. Les enquêtes montrent qu’une partie des cadres ne rechigne pas devant la mobilité géographique – surtout à l’international et en début de carrière. Une telle expérience enrichit un CV et la culture générale, et ouvre des horizons. Mais l’autre partie, plus nombreuse, refuse une mobilité longue et lointaine dès lors qu’il existe une vie familiale ou un besoin de stabilité sur le plan personnel. D’où une question pas si anodine : la mobilité fait-elle obligatoirement partie de nos métiers ou est-elle plutôt la conséquence de pratiques commerciales spécifiques ? Le télétravail est-il une alternative ? Nous tenterons de répondre, tout en apportant notre vision sur le nécessaire encadrement conventionnel de la mobilité. Forum du Munci
Posted by Service Documentation on janvier 11, 2007 at 03:41 PM dans 1887, PERSO | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

